Devriez-vous utiliser un GPS de vélo ?
Le 03/11/2026 par Sosthène Guédon
Il y a trois ans, j'ai commencé à faire des voyages à vélo. Je roule principalement en vacances, en bikepacking gravel. L'année dernière, pour m'essayer au challenge tourmagne, j'ai fait l'acquisition d'un GPS de cyclisme. Je trouve que l'utilisation de ce genre de GPS change fortement l'expérience. Petit retour d'expérience.
Ma pratique du vélo
Je ne fais pas de vélo dans un objectif de performance. J'aime me challenger dans les journées de vélo , mais ce que je recherche principalement c'est la sensation de liberté.
Avant le GPS, je préparais mes voyages soit en prenant une trace existante, soit avec ma propre trace via bikerouter, je notais rapidement les points où il était possible de manger, les campings sur le chemin etc... Ensuite je mettais tout ça sur CoMaps. Je ne réservait pas les campings, ayant confiance qu'il y a toujours des places disponible pour juste une tente et un vélo. Si nécessaire, il y a suffisament de camping en France pour pouvoir en trouver un quelques dizaines de kilomètres plus loin, une distance totalement envisageable à vélo. Cela me permet d'avoir plein d'options, et d'aviser le jour même, avec un maximum de liberté.
En roulant, mon téléphone n'avait pas assez de batterie pour garder l'écran allumé toute la journée. Je regardais le téléphone de temps en temps en mémorisant les quelques intersections qui arrivent. C'était un peu frustrant de devoir parfois s'arrêter pour regarder le téléphone et devoir faire gaffe à pas se tromper au risque de pas m'en rendre compte avant un moment.
L'année derière, j'ai découvert le challenge Tourmagne, qui m'a beaucoup intéressé. Je me savais à la limite de mes capacités, et que utiliser le téléphone me faisait perdre beaucoup de temps, alors qu'un GPS permet de ne pas se soucier de risquer quitter la trace (suivre la trace précisement est important pour valider le challenge). J'ai donc fait l'acquisition d'un Garmin edge 840. J'ai malheureusement dû abandonner le challenge (pour le moment, je compte bien le re-tenter un autre été), mais le GPS a été une grande aide en général pour suivre la trace. Pouvoir le laisser sur la carte tout au long de la journée est définitivement une aide importante dans le cadre d'un objectif sportif. Cependant, au cours du Tourmagne, et des autres voyages effectués depuis, je me suis rendu compte que ça changeait ma pratique du vélo.
Ce que le GPS change
Le GPS garmin propose plein de fonctionalités qui ciblent les sportifs. En dehors du guidage, il est possible d'ajouter plein de « data fields » avec par exemple la vitesse, la vitesse moyenne, le temps écoulé. Ce genre de données sont sans doutes utiles pour les sportifs qui recherchent la performance. Elle leur permet de suivre leur progrès au fil des mois, de juger leur fatigue future et bien plus. Cependant, pour ma pratique ne cherchant pas la performance maximale, ils s'agit plutôt d'une distraction.
Par rapport à mon ancienne utilisation de CoMaps, le GPS me permet aussi d'avoir constamment la carte visible. Plus besoin de mémoriser le chemin à venir, plus de risque d'erreur[1]. Cependant, en ayant juste les quelques dizaines de mètres devant visible sur la carte, et sans aucune raison de la mémoriser, on oublie de regarder le parcours dans son ensemble. Lorsque j'utilise le GPS, je me retrouve à n'avoir presque aucune notion des villes à proximité, de l'avancement global par rapport à la destination de la journée.
Aussi, configurer le guidage du GPS n'est pas facile, et sortir de la trace prévu nécessite de recréer une trace, et de la transférer sur le GPS[2]. Cela décourage (sans rendre impossible) de changer de chemin en cours de route.
Dans la dernière vidéo de la série Arte le code a changé sur le sujet des GPS (de voiture) explique que les GPS font qu'on s'intéresse moins au alentours. Raphaële Héno y parle de « rétressissement des possibles ». Je me retrouve bien dans cette description, même à vélo.
Le GPS de vélo est un outil vraiment extrêmement confortable, notamment si vous cherchez la performance sportive. Mais comme tout outil, il n'est pas neutre. Le GPS favorise la performance sportive au prix de la liberté et du plaisir de découvrir de nouveaux lieux. Soyez-en conscients dans votre usage.
-
Dans la limite de la qualité du fond de carte, j'ai malheureusement eu plusieurs cas où des chemins manquants sur la carte m'ont mené en erreur. ↩
-
j'en profite pour raler sur Garmin spécifiquement, don't l'application nécessite un connection internet pour pouvoir envoyer une Trace GPX sur le GPS connecté en bluetooth. Pratique quand on veut déconnecter et se passer d'applications propriétaires... Le transfert par USB ne marche pas sur mon téléphone sans que je sache pourquoi. ↩